Comment construire une série photo ? L'exemple émouvant de Jacques BEUN.

Peut-être que cette série n’existerait pas sans ce rendez-vous décalé. Je serais peut-être passé à côté.
— Jacques BEUN
 le livre est disponible auprès de l’auteur

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Jacques BEUN est photographe auteur. Il a réalisé une magnifique série de photographies sur les serres des jardins du Thabor à Rennes. Du même point de vue de n'importe quel promeneur, pendant 3 ans 1/2, il a observé les traces du temps, à travers reflets et transparences.

COMMENT est née cette série ?

QUELLE est sa méthode ?

POURQUOI utilise t-il le format carré ?

Il répond à toutes ces questions lors d'un entretien où il se livre sur son travail d’auteur, sur sa façon de voir les choses.

QUI EST JACQUES BEUN ?

Retrouver son travail ici : Portfolio

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Vous souhaitez vous procurer son ouvrage “ LA FORME DU REGARD” ? Contactez Jacques par mail : jacquesbeun@orange.fr 


Comment est née cette série ?

JACQUES BEUN - Photographe Auteur de la série “LA FORME DU REGARD”.

Jacques :

“ Je sortais d’une série précédente qui avait duré un petit moment. J’étais dans une période de transition. La série sur les roses était terminée. Fred ,un ami qui tient le restaurant et le bar du Thabor, souhaitait présenter ce travail sur les roses dans le cadre de l’inauguration du restaurant qui avait lieu au printemps 2013. On se donne rendez-vous pour discuter. C’était en début d’année 2013, il faisait un temps sympa et je me promène comme tout à chacun devant les serres. Fred m’appelle en disant : “je suis désolé, j’ai un problème, j’ai un peu de retard, est-ce que tu peux m’attendre ?” Je réponds : il n’y a pas de problème. En fait c’est moi qui l’ai mis en retard car j’avais mon appareil photo, je me suis retrouvé devant ces serres et j’ai tout de suite vu qu’il se passait quelque chose. La série a démarré comme ça. Peut-être qu’elle n’existerait pas sans ce rendez-vous décalé. Je serai peut-être passé à côté de cette série…

L’entretien de Jacques BEUN en vidéo…


Jacques BEUN - “La Forme du Regard”

Quel est le thème de cette série ?

JACQUES : “C’est uniquement un travail sur le reflet et la transparence. Tout se fait à la prise de vue. Il n’y a aucune mise en scène.”

Quelle est ta méthode ?

Jacques : “Je pars du principe que l’image existe à la prise de vue et pas après. J’ai donc gardé cette méthode, ce moyen de faire une image. C’est l’émotion de la prise de vue qui m’intéresse, pas ce qui se passe après devant un ordinateur.

Comment as-tu procédé pour cette série ?

JACQUES : “La première chose c’est la lumière, la technique pure. Ensuite il a fallu que je m’apprivoise le lieu où que le lieu m’autorise à le photographier. Il y a une espèce de relation de confiance et d’intimité qui s’est mis en place au fil du temps.”

La Lumière, c’est la base de la photographie. C’est ce qui fait que image existe un jour. L’image, pour moi, existe au 1/30 s, au 1/125 s de seconde. Elle existe dans ce temps infini, extrêmement long et très court à la fois. Et l’émotion est là ou pas. C’est ça qui m’intéresse. Dans ce temps très court et très long à la fois que l’image existe.

Et l’émotion dans tout ça ?

Franck :

L’émotion, tu l’as à la prise de vue ?

Jacques :

Oui

Franck :

Tu vois tout de suite si quelque chose se passe ?

Jacques :

oui

Ça ne fonctionne pas toujours. Ça dépend de l’humeur du moment et de la manière dont on ressens le sujet photographié. Quand on fait un travail qui dure 2 à 3 ans, on a pas toujours la même énergie, la même sensibilité. Je pensais de manière un peu simpliste que, en 5 ou 6 séances j’aurais fait le tour de ce lieu là. Et en fait ça a duré trois ans et demi.

Pendant trois ans et demi je suis venu par tous les temps, tous les types de lumière, dans toutes les conditions, tôt le matin, tard le soir. J’ai voulu approfondir ce que m’offrait ce lieu qui est incroyable.

J’ai un rapport extrêmement bref à l’image. C’est à dire que l’image m’intéresse le temps de la prise de vue. pendant le temps de ce déclic. Après je mets mes images sur l’ordinateur mais je ne les regarde pas. Je les revisionne un jour après, ou deux jours, trois jours, une semaine après. En fait j’ai gardé le processus de l’argentique. Non seulement à la prise de vue mais aussi dans la manière de prendre une certaine distance émotionnelle par rapport à la prise de vue et ensuite redécouvrir l’image quelques jours après. J’aime assez l’idée d’accorder du temps lié au processus argentique qui était de faire une prise de vue, te déposer la pellicule, de la traiter au labo, de les récupérer. Cela fait partie de mon fonctionnement

Pourquoi le format carré

C’est la première fois que je faisais du format carré. Je n’avais jamais fait réellement de travail dans ce format. Ce format carré, lié à une époque et à l’argentique, s’imposait dans ce lieu là. Je voulais que l’information soit concentré dans un espace bien précis. Je trouve que le format carré permet aux éléments de se mettre en place et de s’équilibrer presque naturellement.

D’où te vient cette sensibilité ?

Je crois que ce travail m’a permis de savoir où j’allais chercher des images. Tout s’est mis en place dans mon enfance. J’ai des souvenirs de balades en famille. Je voyais déjà les choses un peu différemment que mes proches, que ma famille. J’ai toujours été émerveillé par un petit effet de lumière, une forme, un effet de matière. J’ai retrouvé dans cette série ces sensations de quand j’étais enfant. Visiblement je vois les choses un peu différemment que les autres.

Un autre regard

C’est un lieu qui a plein de contraintes. Je ne suis jamais entré à l’intérieur des serres. J’ai le même point de vue que tout promeneur. Ce que j’ai fait, tout le monde peut le voir. J’ai tout de suite senti dès les premières images qu’il se passait quelque chose. Je n’imaginais pas que ça allait durer trois ans et demi. Je pensais qu’en cinq ou six séance de photos j’aurais fait le tour du sujet.

Comment as-tu construit ta série ?

J’ai toujours une démarche qui va du figuratif à l’abstraction. C’est-à-dire que sur les premières images, on identifie le lieu, la matière. Et plus j’avance dans la projet, plus mes images sont épurées. Je vais chercher dans le détail ce qui m’intéresse et ce qui peut être complémentaire des images précédentes.

Au delà de la série ...

Ce travail-là représente la vie de la serre pendant trois ans et demi. Ce qui m’intéressait dans ce lieu, ce sont les traces du temps, les végétaux coincés dans la grille, les peintures écaillées : les traces de vie quoi !!! Depuis la serre à été nettoyée et repeinte.

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